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La chambre
9 :
"La chambre 9 serait leur Eden et eux, Adam et Eve, nus, cachés
dans leur Paradis, unis à jamais, pour la vie."
China
Daily :
"seul dans une ville où il venait de débarquer,
ne connaissant personne, encore moins la langue, à la recherche
de produits typiquement féminins, sans savoir où et comment
se les procurer."
Peep
Show :
"Cà et là, on entendait de curieux gémissements...
Curieux, mais, après tout, significatifs, étant donné
ce qui se passait dans l'appartement"
Justine (à l'heure dite) :
"Et comme la veille, il y eut le silence, et comme les autres
jours, il y eut le bruit léger, le souffle doux des deux respirations."
Viêt-nam Glam :
"On parlait de plus en plus du projet de Walt Disney concernant
l'ouverture d'un parc d'attractions vers les plaines de Kao-Bang."
L'ascenseur
sans retour :
"Il prit la clé magnétique de sa chambre et se dirigea
vers les ascenseurs, légèrement abattu."
Chet
Baker
"Et je propose qu'en hommage à Chet Baker nous jetions
par la fenêtre la chaîne hi-fi, ainsi que tous ses disques
un par un".
Suicidal
Tendencies
"Et dire que j'aurais pu avoir une vie terrible !"
Le Président Total Killer
"A 21 h 06, 88 millions de Français confortablement avachis
devant leurs postes de télévision découvrirent l'image
du Président."
Touch
Gang !
"Dans mon gang, on est quatre : trois garçons, une fille.
La fille, c'est Ophélie."
Le
train
"Où se trouvaient les autres voyageurs ? J'avais l'impression,
étrange, d'être l'unique passager du train."
Psychedelic
Furs
"Un jour, on lui parla de ces deux soeurs d'origine chinoise,
âgées de dix-sept ans à peine, exposées comme
des monstres à la foire du Trône."
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| Parallèlement
à Indochine, Nicola Sirkis a mené à bien deux
projets solo. La première de ces escapades prit la forme
d'un album de reprises intitulé "dans la lune",
qui vit le jour en 1992. Vous trouverez dans la colonne de droite
une interview datant de sa sortie. Puis en 1998 Nicola publia un
recueil de 12 nouvelles chez J-C Lattès. Retrouvez ici un
extrait de chacune d'entre elles et l'intégralité
d'une nouvelle inédite. |
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Nouvelle
inédite : Je n'embrasse pas
En
face du port, ce soir-là, il y aurait les forts. Les costauds
seraient là, comme chaque semaine. Derrière le phare, où je
me cachais pour les observer, comme chaque fois, je voyais le
grand bateau noir avancer lentement vers la lumière. Parfois,
je devinais quelques silhouettes sur le pont, ombres fragiles
que ma mémoire avait effacées. Passé les remparts, le cargo
irait mouiller comme à son habitude vers l'unique quai d'ici.
Il serait le seul bateau du mois. Il resterait deux nuits, pas
plus. Après, il faudrait attendre, encore et encore.
Une fois à quai, tout se passerait très vite. Délaissant les
"bienvenue à terre!" ils commenceraient leur cirque et beaucoup
d'entre nous iraient jouer avec eux. Comment nous voyaient-ils,
quand ils débarquaient ici, avaient-ils peur de nous ou, comme
tant de marins les aiment, étions-nous pour eux des dauphins?
Le saurais-je un jour?
Et moi, je continuerais d'observer, attendant celui qui me donnera
un signe. Peut-être qu'avec lui on se cachera. Peut-être que
lui aussi, pour cette fois, ne dira rien aux autres du bateau.
Peut-être que ce serait lui. Et celui-là, je lui donnerais tout.
Même, je serais prêt à en avoir envie: lui seul peut me montrer
l'ailleurs, et m'éloigner d'ici. Loin de ce néant où j'avais
déjà tout appris en si peu d'années. Je savais qu'ici ma vie
finirait plus tôt, chargée de regrets.
C'est toujours vers des horizons pernicieux que mon regard m'entraînait.
Jusqu'au bout j'aurai tenu, jusqu'au bout je leur avais dit
non, Tout ce qu'ils voulaient, de la chair de passage, des poupées
sans vie, de l'éphémère, mais moi, je n'embrasse pas, seulement
celui qui m'emportera loin du port, vers le monde des rois.
De l'autre côté des vagues, je voulais tant découvrir. Je voulais
tant jouir de leurs promesses comme à chaque fois. Et passer
les tempêtes du cap, connaître ces lieux mystérieux qui m'attiraient
encore plus que tous les autres, ceux de l'île. D'après ce qu'on
racontait, là-bas, chez eux et ailleurs, il n'y avait pas de
mots pour décrire les grandes cités, les ponts et les maisons
plus hautes que leur bateau...
Pendant les semaines où ils étaient en mer, ici, tout le monde
en rajoutait sur les récits fous et enivrants des marins: et
des autobus rouges et des vêtements en or et des milliers de
gens partout, qui se croisaient sans s'arrêter, et, la nuit,
des lumières plus fortes que le soleil du jour; à manger, à
boire, partout tous les jours comme à la plus belle noce du
village. Et tout le monde de rêver et de désirer le paradis
lointain. Mais, bizarrement, aucun d'entre nous ne sembait prêt
à franchir le pas, à quitter le peu qui nous retenait dans l'île.
Aucun d'entre nous, sauf moi et mes projets solitaires, confiés
dans mon cahier d'écriture, car je savais que, tout seul, je
pourrais y arriver plus facilement.
Plus tard, là-bas, je vendrai mes pages, mes histoires, je raconterai
tous les voyages du monde que je traverserais. Et chaque mois,
le bateau qui s'éloignait m'enlevait un peu de mes espérances,
un peu plus de vie.
Mais cette fois-ci, le bateau noir est reparti et avec moi.
Le marin de la nuit, celui du baiser, je l'avais trouvé, enfin.
Il m'a caché au fond des cales. Il vient me retrouver souvent
pendant le voyage. J'assouvis son désir. Mais je l'ai prévenu,
je n'embrasse plus, pas avant d'arriver au royaume des fantômes.
Je lui ai promis. Pour l'instant, je ne mange pas très bien,
mais il m'a assuré que très bientôt, je n'en croirais pas mes
yeux. J'ai hâte, mon dieu, j'ai hâte...
-C'est tout ce que vous avez trouvé sur lui? hurla le chef de
la police des frontières à ses hommes réunis autour du corps
du jeune garçon. Juste ce cahier poisseux? L'un des policiers
baissa la tête, désolé. Sur le rivage, le jeune garçon était
à moitié nu. On venait de le découvrir sur la plage de Sangre,
le matin même. On lui donnait à peine seize ans. D'après le
médecin, il était mort, noyé, depuis deux ou trois jours. Ici
on n'allait pas plus loin quant à l'origine du décès. Le chef
essayait tant bien que mal de déchiffrer les quelques pages
d'écriture qui avaient séché au soleil. Mais, décidément, il
ne comprendrait jamais rien à cette langue étrange, celle de
l'autre côté de l'océan.
-Allez hop, à la morgue! Et si, dans une semaine, personne ne
le réclame, enterrez-le avec son cahier". Il le jeta au pied
du cadavre.
-Et le mois prochain, comme d'habitude, ouvrez l'oeil...hein!
C'est le sixième de l'année. La prochaine fois, on est bon pour
un rapport.
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Dans
la lune
1992
/ album studio / 11 titres
waterfront
mad world
two faces
anne cherchait l'amour
jusqu'au trou du monde
never turn your back on mother earth
what is life
alice dans la lune
play with fire
entrez dans le rêve
le seigneur des toits (version 31 décembre)

Avant
de repartir en tournée avec son groupe, il voulait le faire...
et il l'a fait :
Quelques
jours avant Noël, Nicola est entré en studio et a réalisé
son album "perso". Le 31 décembre, une vingtaine d'amis, qui ne
faisaient rien cette nuit-là, se retrouvèrent tous pour
former une chorale improvisée sur deux des titres. Pour cet enregistrement
"entre amis", Nicola a également fait appel au batteur de Lloyd
Cole et au bassiste de Madness qui ont eu la gentillesse de se libérer
pour les quelques jours de prise "live". Et 3 des textes ont été
écrits par Nicola, venant se substituer aux textes anglais originaux...
Nicola
s'explique...
Pourquoi
un album de reprises ?
La musique que j'écoute depuis des années me touche personnellement
et j'avais envie de la faire partager.
Le choix des titres ?
Le choix était cornélien. Il manque Dylan, Bowie, Neil Young,
les Beatles... Par contre, volontairement, j'ai décidé d'interpréter
des titres peu connus en France. Bien évidemment, mes versions
sont très personnelles. Nous y avons mis tout notre coeur et je
ne crois pas les avoir "salies".
Deux mots sur chaque titre.
Waterfront
/ David Sylvian
Etant fan de Japan et de Sakamoto, il est pour moi un des musiciens les
plus créatifs de ces dernières années.
Mad
World / Tears For Fears
Un de mes titres de chevet.
Two
Faces / Bruce Springsteen
Un de ses titres les moins connus mais qui m'avait le plus touché.
Anne
cherchait l'amour / Elli & Jacno
Les premiers français "nouvelle vague". Mixité réussie.
J'aime les filles qui font du rock, d'où mon attirance vers Edith,
la guitariste qui a fait toutes les guitares de l'album.
Jusqu'au
trou du monde / Patti Smith "Jackson Song"
Fan inconditionnel, j'ai vu tous ses concerts, lu tout ce qu'elle a écrit,
et pensé tout ce qu'elle a pensé. J'ai volontairement choisi
un de ses derniers titres écrits sur lequel j'ai extrapolé
une version française.
Never
Turn Your Back On Mother Earth / Sparks
Grand amateur des groupes "glam", ça a été mon premier
concert rock à l'Olympia en 1974, j'avais 13 ans.
What
Is Life / George Harrison
Exemple typique, ce titre méconnu en France a été
le plus fort de Radio Caroline au début des années 70.
Alice
dans la lune / Young Marble Giant
Mon groupe culte : cela a commencé en 1979 où les rares
personnes qui possédaient l'album s'empressaient de le faire écouter
à d'autres.
Play
With Fire / Les Stones
Une des meilleures faces B des Stones.
Entrez
dans Le Rêve / Gérard Manset
On m'a dit un jour que Gérard Manset avait écrit cette chanson
en pensant à Indochine.
Le
Seigneur Des Toits / Tom Tom Club
Disque de chevet au début des années 80 et je me suis amusé
à coller une autre histoire dessus. On l'a enregistrée la
nuit du 31 décembre avec les "Choeurs" et j'ai fait chanter ma
fiancée.
Pourquoi l'album s'appelle-t-il "Dans la lune" ?
C'est ce qu'on me reproche le plus souvent...
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